Je me demande quelle est ma dimension d'humain, qui m'accompagne en ce moment. Comment les choses s'emmanchent et d'où me vient le courage que je ressens. Comme si calée dans des bras bienveillants, je n'avais qu'à suivre ma route. Moi qui me sens d'ordinaire traquée dans le doute et le manque, je reste presque calme devant ce vide qui s'offre devant moi. Je trouve les réponses une à une, seule ou en collaboration. Les portes ne s'ouvrent pas toujours, mais je comprends quand elles restent fermées. Période de recherche et de froid, mais période de réponses et de chaleur humaine. 

Je me demande toujours de quoi sera fait demain, mais j'ai moins peur de cet avenir. Je l'attends avec tendresse, certaine (ou presque) qu'il m'apportera justesse et vérité puisque je ne demande que cela.

Et confiance en mon pas. Car si je sais où je vais, il me sera alors facile de saisir des mains et de guider à mon tour, rendant ainsi un peu de cette douceur de vivre et de cette affection qu'on m'a donnée quand j'ai cru glisser dans le ventre du monde.  

En attendant, faut-il que je récupère! Je me sens exténuée. Fatiguée d'avoir dû garder les yeux ouverts, à l'affût, sans avoir eu le temps de poser mon bagage. Il est temps de vivre un peu tout en continuant la lutte.

Survivre ne me convient plus. Je voudrais goûter goulûment, même si ces deux mots ne vont pas bien ensemble....