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Le bonheur est chose légère, que toujours notre coeur poursuit, comme disait Jean-Villard Gilles. Il n'est rien qu'un oiseau merveilleux qui passe, ravissant mais jamais captif. Je ne peux, quant à moi, pas concevoir mon existence sans avoir vu passer cet oiseau-là et l'avoir suivi un instant du regard. Je reste persuadée que ma vie à moi va vers quelque chose qui comblera un de mes désirs, cette sérénité vers laquelle toute mon âme tend. 

Pourtant, en discutant avec quelques-unes, j'ai oscillé entre plusieurs questionnements qui m'ont laissée perplexe. L'une d'elle m'a demandé ce qui me poussait à croire si fort qu'un jour je serai à bout touchant de cette vie sereine à laquelle mes pas s'attachent les uns après les autres. J'ai répondu que je ne savais pas, que je vivais sur une certitude, sur une foi et que c'était elle qui me permettait d'avancer après les coups durs.

"Utopie!!!! Poudre aux yeux. Et ceux qui ont une "vie de merde" tout au long de leur existence? Vers quoi ils tendent?Et quand ils se retournent sur leur lit de mort, quel est leur bilan? "....

Tel est l'apanage de la foi.... Croire sans vraiment se poser de questions. En même temps, quelle force de caractère faut-il pour ne pas perdre sa volonté et forger sa foi dans les prières quand elles restent vaines, et qu'on finit par croire que le Ciel est sourd à vos attentes. "Demandez et il vous sera donné"... Combien de fois ai-je demandé? Combien de fois ai-je demandé autrement? Faut-il donc marchander, promettre et vendre ses prières pour qu'elles soient exaucées??? "Je te donnerai cela si tu permets ceci": pas pour moi.

Alors si je reste persuadée que la roue tourne toujours, et que si l'on suit sa ligne de conduite et que seules des valeurs vraies permettent de guider une existence la plus proche possible d'une ligne droite, de la transparence et de la propreté morale, je connais aussi les dégâts historiques de la vente des indulgences... et je ne marchanderai jamais mon bonheur. Amen.