Unknown

D'abord il y a le regard. Le brun des yeux, la profondeur. Les cils qui battent la chamade.

Puis il y a le sourire. Les lèvres auxquelles on s'accroche du regard pour mieux suivre. La mèche qui palpite au rythme des papillons qui passent. Le mouvement de tête pour calmer la bataille.  Le visage qui s'incline enfin, à l'écoute du monde. 

Le velours des joues de l'enfance s'est effacé devant la soie de l'adolescence. Les fards embellissent maladroitement la métamorphose de l'enfant devenue jeune femme. 

Elle virevolte de joie, encore petite fille devant sa joie. Et s'arrête brusquement, stupéfaite de sa folie. Parfois les larmes perlent, sans à-coup, lisses et misérables, témoins de ses révoltes intérieures.

Ma fille. Ma jolie petite fille à jamais. Grandie à travers les tempêtes, heureuse malgré ses larmes et si porteuse de lumière. Ma fille qui prétend. Qui exige. Qui sait. Qui connaît. Mais qui aime éperdûment, sans concession, de toute son âme avec l'intransigeance de ses jeunes années. 

Ma fille qui déborde mon âme à son premier sourire du matin, le pyjama à la dérive et encore ardente comme un petit pain de la chaleur de son lit. Ma fille qui fait chanter ma vie en même temps que ses notes, ma fille qui fait tressauter mon coeur à ses excès de joie.

Ma fille....quel joli mot. Ma fille....

Je te souhaite de savoir passer outre les pièges que te tendra ton existence.  De savoir fonder ta confiance sur tes beautés quelles qu'elles soient, au-delà des sourires faux et des infos sordides et frelatées. De savoir trouver celui pour qui brillera ton regard à jamais. De savoir  marcher seule face au vent quand il faudra essuyer les embruns. 

Je te souhaite une vie embellie par l'arrivée, un jour, de ta fille....