Les sacs à moitiés remplis traînent à gauche et à droite dans la maison. Quelques trésors oubliés refont surface, poussiéreux et avides de lumière. J'ai cherché à être systématique mais je passe d'une armoire à l'autre à la recherche de mon passé. Quelques visites ensoleillent la journée et de vraies lumières accompagnent mes heures en jouant de leur présence à mes côtés. 

Je mets mes mains là où d'autres si chères sont passées et je défais ce qu'elles ont si patiemment arrangé. Je finis par y mettre une sorte de faux dédain en priant pour que de là-haut on pardonne ma fausse indifférence. J'ai cru pouvoir jouer avec mon coeur, et c'est mon corps qui refuse en me jetant très vite dans des douleurs migraineuses que je ne jugule pas. Je reste pantelante et affaiblie. Je trouve alors des stratégies pour perdre ces sensations dans une fuite à la déchetterie où dans un magasin où une visite ABSOLUMENT nécessaire s'impose. 

J'ai ouvert cinquante fois le même tiroir et je ne vois pas l'immensité réelle des choses vraiment importantes. Les détails accourent, l'essentiel s'enfuit. Et au bout de deux jours, je suis cassée. Il reste tant à faire. Arriverai-je à vaincre Goliath? Je n'ai pas de fronde sinon ma volonté.

Et demain est déjà là. Avec tous ses autres combats à mener de front.

Et demain est déjà là. Avec sa crainte de non-humanité. Avec son rendez-vous qui fait vaciller ma raison. Avec son sourire sans les yeux. Avec l'envie de courir au lac, de m'y jeter toute habillée et de respirer cette eau jusqu'à la lie.

Comment sortirais-je? Qui serai-je après. Et dans les deux cas quand tout sera terminé quel regard poserai-je sur "hier" pour entamer "demain"?