Tombe la lune

29 janvier 2012

j'irai

imagesPetit matin froid de dimanche. Le lit s'éveille de ma chaleur et je m'étire à la vie. Le réveil sonne pour quelqu'un d'autre et dans quelques minutes la vie ne résonnerai que de ma solitude. D'habitude, je l'habille de mes prépas mais aujourd'hui j'irai dans la neige. Il paraît que je suis vivante et que je dois cesser de m'enterrer. J'irai donc toucher l'air frais et laisser mes entrailles s'y imprégner. Je laisserai mes yeux flotter sur la mer de brouillard et se fermer un peu à cause de la neige qui scintille. J'écouterai son craquellement sous mes pas et le sifflement des oiseaux à mon approche. Si le vent est de la partie, il brûlera un peu mes joues et elles seront en feu à mon retour au chaud. 

J'irai. 

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28 janvier 2012

prière musicale

eglise_videUn frisson sur quelques notes, deux voix à l'unisson qui s'élèvent sur des accords de guitare. Puis soudain un choeur qui vibre en arrière et qui porte la mélodie jusques aux cieux. Plus rien n'existe alors que ces sons faits pour être ensemble, que ces accords nés pour être joués, plus rien n'existe alors que mon souffle suspendu au leur. Et la vie s'arrête. Et ma vie s'arrête jusqu'à ce que le silence revienne. Pour que l'existence reprenne ses droits. Et que le froid revienne.

Hier un simple culte. Où je ne vais pas trop. Attirée par une affiche.

                     "Gospel animation."

Seigneur, ils n'ont rien compris.... Des cultes et des messes en Gospel.... Les églises seraient pleines. Quelle ferveur, quel amour! Tu chantes encore en sortant. Bien sûr tu larmoies, mais tu as le coeur au chaud. Serrer la main de ton voisin, c'est prolonger le bien-être de ton coeur et celui de ton âme. Tes jambes bougent seules sous ton banc, tu as envie de danser à la vie et de hurler un bonheur que tu ne ressentais pas en arrivant. La foi, l'Eglise, les pasteurs et les prêtres à l'ancienne qui portent la foi de leurs ouailles.... Tu Te souviens Seigneur? 

Dis-moi, Seigneur, où donc se met-on l'âme au chaud sinon dans Tes maisons? Mais elles sont si froides, si inhumaines de Toi, si insensibles à Ta présence.  Seigneur, ils n'ont rien compris... Sauf peut-être..... Gospel animation.....


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paroles, paroles, paroles ...

pinocchioJe reste parfois ébahie par la faculté qu'ont certains de jalonner leur vie de transgressions et de ruisseler malgré tout de bons sentiments à la face du monde. Ma naïveté puérile  se brûle encore à mon âge au détour d'une porte  malencontreusement ouverte et donne à mon regard cette stupéfaction du monde offerte à l'enfance. Il me reste encore le goût de ces coups-là au coeur qui font trembler l'âme et qui la laissent suante de peine après l'orage, le dégoût des  vipères sortant des bouches tordues et les regards fourbes.

Alors je me retrouve juste démunie devant la vérité, quand un regard vrai s'arrête sur moi et pose sa bonté sur ma personne. Juste quelques mots sincères balayent ma fausse réserve et nettoient mes intolérances. 

Que Dieu, Bouddha, les Anges, qui vous voulez, me donnent la chance, le bonheur, la bonne fortune de croiser sur ma route de ceux qui "remettent à l'heure les horloges de ma vie" .... just like you.

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21 janvier 2012

always on the road

imagesOù sont ceux que je chérissais tant et que je m'attendais à croiser au détour de ma route? Qui a pris possession des fumées qui habitaient mes nuits et qui purifiaient mes jours? Que font mes chemins à suivre que je vois défiler au loin au fil de mes pas? Dans quels ports mouillent mes bateaux en partance vers demain et que je devais prendre pour ne jamais revenir vers hier... 

Je regarde mes empreintes dans la neige et je ne vois aucune différence avec celles d'hier. Je n'ai plus envie de faire comme les autres, semblant de mettre quelqu'un derrière mon regard. Je voudrais juste habiter vraiment celle qui vit en moi et la faire éclater au monde. 

Et si l'envie me prenait de boire toutes les nuits, de danser jusqu'au matin, de fumer toutes les cigarettes du monde jusqu'à en user ma voix? Qui serait là désormais à retenir mon pas sur le parapet? Mais ce parapet-là n'existe qu'au travers de mes brouillards de déprime et vit comme le passager clandestin de mon humour. J'aime trop la vie et elle m'a coûté si cher pour que je veuille la brader. 

Voici donc que j'interroge cette route qui me paraît bien longue et si compliquée...

Où sont dont ceux je chérissais tant et que je m'attendais à croiser....  



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Mais...

imagesOui, je sais bien qu'ailleurs, de ceux que j'ignore, ne vivent que sur la moitié de leurs battements de coeur, qu'il y a des gens qui meurent de mal un peu partout et que les catastrophes mondiales secouent nos téléviseurs. Je sais bien que vivent dans le dénuement, de ceux qui luttent au corps à corps avec leur mort pour sauver la vie des autres, je sais le regard de ces enfants dont les mouches se font un régal au moment du lait frugal, je sais les efforts démesurés qu'accomplissent ces femmes pour chaque jour mettre un pied devant l'autre alors que la vie leur tourne le dos. J'ai vu l'indifférence de ces gens entassés dans ces trains alors que cet autre mourait sous les coups. 

Mais tes yeux pleins de larmes d'incompréhension? 

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17 décembre 2011

les mites à béton

images

Il y a des bêtes dans mon grenier. Oui! Qui font du bruit et qui gigotent

Il y a des bêtes dans mon grenier qui s'amusent et qui grignotent.

Quand elles sentent qu'on y prend garde,

Elles s'arrêtent et se statufient.

Elles sont sur leurs gardes, 

A l'affût du moindre bruit.


Il y a des bêtes dans mon grenier.

Je ne sais pas si elles sont petites ou grosses.

Au bruit j'essaie de deviner,

Mais quand j'ai l'ombre d'un indice,

Un autre vient le contrarier.


Ces bestioles sont malignes

Elles perturbent mes nuits, 

Quand je dors, elles font du bruit

Et me tiennent réveillée.

Elles sont coquines,

Elles perturbent mes veillées. 


Il y a des bêtes dans mon grenier.

Je n'arrive pas à les chasser.

Et quand soudain elles se font discrètes,

De ne pas les retrouver je m'inquiète.

 

Il y a des bêtes dans mon grenier.

Des noires, des intelligentes, des essentielles.

Des connes, des lourdes, des factuelles.

Elles ne me quittent jamais, 

Me campent sur mes pieds

Me laissent affamée.

 

Mais ces bestioles-là au moins

Me tiennent la main

Et me font être vivante

Quand je ne me sens que survivante.


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joyeux anniv!!

Je t'aime mon fils.... Joyeux anniversaire. Grandis bien, sois beau comme tu l'es déjà... Et sache que je t'aimerai au delà de tout.....

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13 décembre 2011

maa viiiiieeee


 

 

 

 

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Quand j'me lève le matin

Et que le lit n'est chaud que d'un côté

J'vous assure que ça m'fait du chagrin 

De ne vivre qu'à moitié.

 

Y a pourtant des compensations:

J'ai le choix de la télécommande,

Et de la cuisson de la viande.

Mais j'vous assure

Qu'il y a des matins

Où j'ai vraiment du chagrin.

 

Oh bien sûr! J'ai des amis qui m'invitent!

Des potes qui me font rire.

Mais les soirées passent bien trop vite 

Et certains dimanches s'étirent.

 

Bien sûr, il y a mes enfants!

Qui me prennent tout mon temps.

Tout mon temps et mon amour

Chaque minute de chaque jour.

 

Il y a aussi mon boulot.

Que j'aime plus qu'il ne faut.

Qui finira par me brûler la peau 

Si je ne lui tourne pas le dos.

 

Toute cette vie s'accompagne

De joies et de drames

De beautés qui charment 

Ma p'tite vie de cocagne

 

Mais dans les petits matins blêmes

Je vous jure que j'ai de la peine 

Quand seule la moitié du lit

Par mon corps est tiédie

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06 décembre 2011

garage et purgatoire

medium_brancheAprès 6 mois je retrouve enfin .... mon garage. (!) Ben oui... que de chemin parcouru! Je m'entends encore dire: "je n'y arriverai jamais".... La maison sentait si bon mon enfance et j'avais si peur d'y retrouver des morceaux de ma peine. Je l'ai vidée, cette maison. (Au fait, Douce Romaine, y a toujours là-bas un carton pour toi!) Grâce à ma ténacité, à l'aide que quelques un(e)s et à la thune que j'y ai laissée, j'ai fini par y "offrir" la place à d'autres qui en ont fait un nid, leur nid à eux où je n'ai plus ma place. 

Le relicat s'est ainsi retrouvé dans mon garage, et noyé dedans, un gros carton pour mon frère, rempli de ses souvenirs à lui. Je n'ai même pas eu le temps de le lui donner. Il est parti sans et le carton reste là, triste de ne pas avoir retrouvé son destinataire.

Comme ma voiture, mon âme a alors dormi dehors. En dehors de moi-même, en dehors de ma raison, en dehors de tout discernement. Six mois d'errances, presque entre Ciel et Chair, où ma prison ne fut que moi-même. Si je n'en suis pas sortie, au moins en suis-je consciente. Désormais. 

Avec le retour de ma voiture dans ce garage, je me sens comme accomplie dans un cycle terminé où la spirale conclut son tour sur le début de l'hiver comme elle l'avait commencé avec la naissance de l'été. Je me sens un peu idiote d'être si soulagée d'une telle banalité, mais elle laisse la place à des importances plus vivantes comme des courriers qui attendent, des luttes qui perdurent et s'essoufflent ou des projets qui s'endorment. 

Je veux vivre, joyeusement: je ne vis que tout court. Je veux vivre pleinement: je n'avance qu'aveuglément. Mais on m'a donné la force du pas qui s'allonge, alors j'allonge le pas. En espérant qu'il m'emmène là où je ne déroge pas. Vers la vieille dame heureuse. Vous vous en souvenez? 

Posté par acas à 21:25 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
05 décembre 2011

Déterminée...

poster-street-tn-010Elle disait: "D’où vient cette merveilleuse énergie qui nous porte en avant sur le chemin de la vie, même quand les batteries sont à plat, quand le cœur bat au milieu de nulle part et quand les mouvements sont mécaniques?

Cette même énergie qu’on redistribue autour de nous, auprès des personnes qu’on aime, qu’on soutient et qu’on porte également en avant..."

Mettre un pied devant l'autre, toujours, inexorablement. Avancer quoiqu'il advienne. Trouver du plaisir à l'existence, aux sourires des enfants, à l'humour de situations cocasses, aux baisers baveux et pleins d'amour d'un bébé, aux câlins tendres d'une paire de bras potelés qui s'enroulent autour de mon cou, aux "collés" d'un toutou qui m'adopte contre toute attente, à un repas au resto alors que je n'ai que l'envie que de me terrer au fond d'un trou.... C'est ça ma vie.... Mais pardon, je ne peux concevoir qu'elle soit ainsi à jamais. Que je doive chercher en elle ces bonheurs pour éclairer les "merdes" qui m'arrivent les unes après les autres sur le coeur. Il me semble toujours que rien ne sera pire demain, que tout ira mieux puisque je touche le fond. Et puis non... Voilà qu'advient la nouvelle, celle qui assomme un peu plus. 

Et je m'attelle encore une fois à me dire: "voilà, qu'ai-je donc encore à apprendre? Que me faut-il voir cette fois-ci encore dans cette épreuve qui va me construire et me faire avancer?" Mais à la longue, enfin, j'ai perdu tous les miens: père, mère, frère, tendres, amis parfois. Certains tombent malades et je suis impuissante à tendre la main. Je n'irai pas jusqu'à perdre mes enfants. Ca non. Jamais. Si c'est cela qu'on veut de moi, je n'irai pas.

Quelle force s'arrache de mon ventre pour que j'aie une telle rage de vaincre? Quelle hargne me fait mettre presque joyeusement un pied devant l'autre et vider mon garage alors que je ne veux que m'enterrer sous ses immondices? Qui me fait lever tous les matins à 5 heures et quart et affronter le coeur au chaud mes chers élèves qui me font grincer certains jours, mais dont les "bonjour Madame" plein d'emphase font cabrioler mon coeur si souvent?

Je renonce à comprendre, mais je remercie le Ciel de me donner cette détermination quotidienne que certaines "me" cultivent grâce à leur soutien, mais qui me permet de tenir. Encore. 

Posté par acas à 15:25 - Commentaires [3] - Rétroliens [0]