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Je suis essorée. Les nuits se sont succédées sur un train d'enfer même si la dernière fut presque calme.

Je repense à Zoé et à ses parents. Bien sûr ma fille n'a pas de pronostic engagé, mais l'injustice de ses souffrances me fait trembler l'âme. Comment supporter sans broncher que son enfant ait mal? Comment gérer son ressenti alors qu'il faudrait rester stoïque et souriante.

Je repense à Audrey Hepburn qui fit vaciller mon coeur quand elle écrivit: " Le plus difficile dans la maternité, c'est cette inquiétude intérieure qu'on ne doit pas montrer." Stoïque et souriante. Maternelle et infatigable. Enjouée mais perfectible. 

Je repense à ma grand-Maman qui perdit un fils. Où trouver alors la force pour continuer quand le monde gronde autour de vous et que seul l'amour partagé qui pourrait  vous guérir disparaît dans un igloo en montagne. 

Je repense aux heures où ma fille n'a pas bronché sous les doigts de ceux qui cherchaient la cause de son mal. 

Je repense enfin à ma propre mère qui soigna mes plaies sans broncher. Stoïque et souriante. Maternelle et infatigable.

Et je me tourne vers demain, inlassablement, cherchant le meilleur... Cherchant juste la vie au travers du soleil qui enflamme la neige...